mercredi 17 août 2011
Aujourd'hui en salle : La piel que habito de Almodovar
La piel que habito[2] (en français : La Peau que j'habite) est un drame espagnol de Pedro Almodóvar, adapté du roman de l'écrivain français Thierry Jonquet, Mygale. Il fait partie de la sélection officielle du 64e festival de Cannes
Le film met en scène un éminent chirurgien Robert Ledgard dont la femme, victime d'un accident de voiture, a été brûlée vive. Durant douze années, il tente de créer une peau qui aurait pu sauver son épouse. Il réussit à créer et à garantir la viabilité de cet épiderme qui apparaît être d'une formidable résistance face aux agressions extérieures. Néanmoins, comme tout scientifique, le docteur Ledgard a besoin d'un cobaye, qui n'est autre que la fidèle patiente du chirurgien, Vera… Commence alors une expérience scientifique qui tourne à l'obsession et au perfectionnisme aidée par Marilia, la femme qui s'est occupée de lui depuis son enfance.
Critique : On attendait avec impatience la sortie de ce nouvel Almodovar, qui semblait se démarquer des autres empreintant un route bien différente, flirtant entre horreur, thriller et fantastique. Même si le film pourrait donner cette impression au premier abord, on retrouve sans trop forcer Almodovar avec ses obsessions, son style, et ses personnages. N'arriverions nous pas à l'aboutissement d'une reflexion dans un délire sanglant ? Si la question de l'identité sexuelle ( en particulier la transexualité ) a toujours fait partie des thèmes forts du réalisateur espagnol, il est ici au coeur même du film, légèrement déguisé, nous éffleurant de la lame de son scalpel. Il met ainsi en avant la force de la volonté, et la limite du pouvoir de l'homme sur ses semblables. Tu auras le corps mais jamais l'esprit. Une mise en scène à la précision chirurgicale nous emmène dans ce drame almodovarien qui feint la metamorphose mais ne tarde pas à nous dévoiler son vrai visage. Un film dans la lignée de l'artiste qui a su pousser les limites de sa réflexion audelà du réel et nous en donne une vision qui pour certains pourra sembler un peu lisse et froide tandis que pour d'autres ce sera deux heures sensationnelles. Si le bistouri ne vous effrai pas, prenez vite rendez vous avec le Docteur Banderas. 8/10
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