Voulant mourir dignement, Hanshiro, un samouraï sans ressources, demande à accomplir un suicide rituel dans la résidence du clan Li, dirigé par le chef Kageyu. Essayant de décourager Hanshiro, Kageyu lui conte l’histoire tragique d’un jeune ronin, Motome, venu récemment avec la même requête. Hanshiro est traumatisé par les détails horrifiants du sort qui fut réservé à Motome mais il persévère dans sa décision de mourir dans l’honneur. Au moment de se faire hara-kiri, il présente une ultime requête : il désire être assisté dans son acte par trois lieutenants de Kageyu, qui sont absents tous les trois, par une étrange coïncidence. Méfiant et furieux, Kageyu demande à Hanshiro de s’expliquer. Ce dernier révèle ses liens avec Motome et livre le récit doux-amer de leurs vies. Kageyu comprendra bientôt que Hanshiro s’est lancé dans une épreuve de force. Les codes de la chevalerie des samouraïs s’en trouveront bousculés dans leurs certitudes, pour mieux réapparaître dans leur humanité.
Critique : Miike est de retour, enfin en quelque sorte... En effet ce réalisateur hors norme, à la trilogie tonitruante ( Dead or alive ), met de son côté tout ce qu'il a fait jusqu'à présent pour nous proposer un film à la mise en scène classique,discrète voir même effacée. Fini les grandes guignoleries, les fins à dormir debout ou autres extravagances; ici on parle de samouraï et d'honneur et ça, ça ne rigole pas ! Fans de l'univers de miike, attendez vous à ne pas retrouver l'univers escompté. Maintenant que ceci est dit, passons au film lui même, remake du film de 1962 de Kobayashi. Dès les premières minutes on ressent le respect que l'auteur a envers le sujet qu'il traite, rien n'est laissé au hasard, et l'attitude " samouraï " cherche à tout prix à être conservé sans aucune bavure. Le film en ressort un peu linéaire, et froid; la discipline dévore trop le pas sur l'émotion et nous laisse donc à demi satisfait. Un sentiment de retenu permanent se dégage, que ça soit dans le jeu des acteurs, dans le montage, même la musique est trop discipliné et n'ose pas s'envoler aux moments les plus dramatiques. On se demande si Miike par trop grand respect envers Kobayashi ne s'est pas refusé de réalisé le film qu'il voulait et c'est plutôt contenté d'un pâle remake qui à toutefois le mérite de remettre au goût du jours un cinéma délaissé.. Comme dévoré par la peur de salir l'oeuvre original. Enfin ne soyons pas tout noir, car de sa rigueur permanente et de son soucis du détail, Hara-kiri : la mort du samouraï inspire le respect et dégage une classe outrancière. Comme si les samouraïs n'étaient que porcelaine figés dans l'histoire, et que la seule souillure qui leur était permis était celle de leur propre sang, lors de leur mise à mort. 7/10
C'est avec enthousiasme que débarqué hier toute l'équipe de DONOMA, film guérilla comme son réalisateur le baptise. C'est avec un modeste budget de 150 euros que Djinn Carrénard est arrivé à monter ce projet avec toute une petite équipe soudée, bénévole et volontaire. Donoma n'attend pas, Donoma vient vous chercher!
Une enseignante s’engage dans une relation ambiguë avec le cancre de sa classe de lycée professionnel ; une jeune femme déçue en amour décide de court-circuiter tous ses critères conscients et inconscients de choix, en sortant littéralement avec le premier venu ; la dernière histoire met en scène une jeune fille agnostique qui va être amenée à se poser des questions sur la religion chrétienne. Elle va au cours de son questionnement rencontrer un jeune homme un peu marginal et très croyant. Toutes ces histoires se croisent sans s’influencer, et trouvent une symbolique dans le lever de soleil qui donne son nom au film : Donoma (Le jour est là).
Critique : C'est dans une salle comble que nous acceuillons cet ovni cinématographique, en déplacement perpétuel, à la recherche de nouveaux publics. Moins d'une dizaine de comédiens, et un réalisateur à l'énergie communicative viennent défendre leur film, un film fait avec le coeur comme l'illustre l'affiche. Ici il n'est pas question d'histoire de gros sous mais plutôt question de cinéma. L'oeuvre qui dure un peu plus de deux heures construit comme un film chorale, éblouit par une générosité et une sincérité débordante des acteurs. Les histoires s'entrelassent sans forcer le trait, et la caméra cherche à capter chaque instant, chaque secondes d'une intimité fascinante. Même si la technique peut être parfois un peu calamiteuse, l'authenticité du regard du réalisateur nous le fait très vite oublié. C'est avec peu de fausses notes qu'on se laisse conduire à travers se voyage qui en fascinera plus d'un bien qu'il n'aurait pas souffert d'être emputé d'un gros quart d'heure. Depuis Gaspar Noé, Djinn Carrénard se présente comme le réalisateur français au regard le plus singulier.
8/10 mais 10/10 pour la performance .
Interview portrait d'un jeune réalisateur : Djinn Carrénard
Mycineblog : Bonjour Djinn, alors tout d'abord est ce que pour toi faire des films est un rêve d'enfance ou plutôt quelquechose qui est venu à toi progressivement ?
Djinn Carrénard : En fait, j'ai eu le déclic je devais avoir 22ans., c'est très marrant parceque j'ai l'impression qu'il y a des gens qui naissent réalisateur. Avant 22 ans j'ai jamais pensé à l'être et puis j'ai lu un bouquin d'un réalisateur, Spike Lee qui parle de ce qu'est l'aventure de faire un film. Et là, je me suis pas dit je veux être réalisateur mais plutôt : ah, en fait je suis réalisateur. Après avoir lu ce bouquin, j'ai eu la conviction que c'est ce que je devais faire. C'est un mélange de vocation tardive et de quelque chose qui m'a accompagné au long cours.
Mcb : Qu'est ce qui t'a amené à la réalisation de Donoma ?
DC : j'ai d'abord fais pas mal de court métrage, pas mal de clips et puis j'ai eu la sensation d'être prêt, dans le sens où en tant que réalisateur, il faut apprendre à apprendre à s'exprimer avec des images. Tu prend un alphabet et à un moment donné tu arrives à dire des mots, puis des phrases et dès ce moment là il faut faire directement un long métrage.
Mcb : Tu pourrais nous parler de tes influences cinématographiques ?
DC : Jdirais beaucoup Inarritu, sa façon d'entremêler ces histoires et puis j'adore jim Jarmusch et sa manière de créer de l'intéret dans une scène à partir de pas grand chose. J'aime le cinéma du scénario et le cinéma du dialogue, un cinéma qui peut rendre une conversation entre 2 personnes intéressante.
Mcb : Si tu devais donner un film qui t'as marqué dans ta vie ?
DC : Jte dirais the anniversary party, sorti dans le début des années 2000. Ca raconte l'histoire d'un couple du réveil jusqu'au couché le jour de leur anniversaire de mariage. Et ça c'est un film que je revoie tout les ans, car c'est juste eux avec leurs amis dans leur barraque et t'apprend tout sur eux, sur leur vie. C'est vraiment mon film référence.
Mcb : On dit souvent que c'est le deuxième long métrage le plus difficile, alors sur quoi sera le prochain ?
DC : Le second parlera d'une jeune fille qui est en prison et qui a une semaine de permission et d'un jeune homme qui fait de la musique et qui est en train de devenir sourd. Alors oui c'est le plus difficile, parceque jvais bosser avec une boite de production, et je me sens obligé de le réussir. Je pourrais pas dépenser un million d'euros pour un film et dire ensuite, non il me plaît pas. Ce qui été bien avec Donoma, c'est que si il ne m'avait pas plû je l'aurais jeté à la poubelle et personne m'aurais demandé quoi que ce soit.
Mcb : Tu as prévu de travailler avec la même équipe ou plutôt de changer ?
DC : J'ai beaucoup envie de changer, mais tout dépend si donoma leur met le pied à l'étrier qu'ils méritent en tant que grand comédiens, car ils ont porté le film. Je suis très infidèle avec les comédiens donc ça me ferait énormément plaisir de rencontrer des gens différents. Mais comme je sais que c'est des gens très bon, je n'aurais aucun mal à retravailler avec eux.
Mcb : Alors le film guerilla c'est terminé et c'est une bataille gagné ?
DC : A l'échelle de Donoma, c'est une bataille gagné parcequ'on est partie de rien et on arrive à faire de l'ombre aux gros budgets. Mais c'est pas fini car c'est tellement agréable que je vais forcément y revenir.
Mcb : Et si tu avais un conseil à donner aux jeunes réalisateurs qui n'ont pas un sous ?
DC : Je leur dirai à ceux qui n'ont pas un sous comme à ceux qui sont milliardaires, ton premier film fait le sans argent et sans moyen. C'est une école formatrice et le seul moment où tu sera totalement libre de faire ce que tu veux. Montrons qu'on est pas tributaire du fric. L'art peut faire du fric mais le fric ne peut pas faire de l'art.
Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l'a oublié au réveil. Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…
Critique : Sleeping Beauty, enfant de la sélection cannoise, s'apprête à cette mi novembre à rentrer dans les salles. Difficile de parler de ce film, qui ne suscite hélas pas grand chose à part l'ennui. Basé sur un scénario qui aurait pu être passionant, la réalisatrice par une mise en scène poussive et maniérée, des scènes à l'enjeu douteux, et d'autres dont on comprend à peine le sens, laisse le spectateur à la porte. Dommage, car on ne peut que saluer la performance de Emily Browning . Hélas cette volonté féroce de construire des séquences pauvres autant dans leurs cadrages, leurs montages et leurs teneurs conduira cette oeuvre à sa perte.Adepte de perversions et autres vices, vous retrouverez quelques scènes bien senti, au regard aiguisé mais hélas qui n'ose pas, ou ont peur d'aller jusqu'au bout. Une âme en perdition pour un film qui se pert. Seule chose à retenir de ce film, le magnifique plan de la belle endormi. 4/10