C'est avec enthousiasme que débarqué hier toute l'équipe de DONOMA, film guérilla comme son réalisateur le baptise. C'est avec un modeste budget de 150 euros que Djinn Carrénard est arrivé à monter ce projet avec toute une petite équipe soudée, bénévole et volontaire. Donoma n'attend pas, Donoma vient vous chercher!
Une enseignante s’engage dans une relation ambiguë avec le cancre de sa classe de lycée professionnel ; une jeune femme déçue en amour décide de court-circuiter tous ses critères conscients et inconscients de choix, en sortant littéralement avec le premier venu ; la dernière histoire met en scène une jeune fille agnostique qui va être amenée à se poser des questions sur la religion chrétienne. Elle va au cours de son questionnement rencontrer un jeune homme un peu marginal et très croyant. Toutes ces histoires se croisent sans s’influencer, et trouvent une symbolique dans le lever de soleil qui donne son nom au film : Donoma (Le jour est là).
Critique : C'est dans une salle comble que nous acceuillons cet ovni cinématographique, en déplacement perpétuel, à la recherche de nouveaux publics. Moins d'une dizaine de comédiens, et un réalisateur à l'énergie communicative viennent défendre leur film, un film fait avec le coeur comme l'illustre l'affiche. Ici il n'est pas question d'histoire de gros sous mais plutôt question de cinéma. L'oeuvre qui dure un peu plus de deux heures construit comme un film chorale, éblouit par une générosité et une sincérité débordante des acteurs. Les histoires s'entrelassent sans forcer le trait, et la caméra cherche à capter chaque instant, chaque secondes d'une intimité fascinante. Même si la technique peut être parfois un peu calamiteuse, l'authenticité du regard du réalisateur nous le fait très vite oublié. C'est avec peu de fausses notes qu'on se laisse conduire à travers se voyage qui en fascinera plus d'un bien qu'il n'aurait pas souffert d'être emputé d'un gros quart d'heure. Depuis Gaspar Noé, Djinn Carrénard se présente comme le réalisateur français au regard le plus singulier.
8/10 mais 10/10 pour la performance .
8/10 mais 10/10 pour la performance .
Interview portrait d'un jeune réalisateur : Djinn Carrénard
Mycineblog : Bonjour Djinn, alors tout d'abord est ce que pour toi faire des films est un rêve d'enfance ou plutôt quelquechose qui est venu à toi progressivement ?
Djinn Carrénard : En fait, j'ai eu le déclic je devais avoir 22ans., c'est très marrant parceque j'ai l'impression qu'il y a des gens qui naissent réalisateur. Avant 22 ans j'ai jamais pensé à l'être et puis j'ai lu un bouquin d'un réalisateur, Spike Lee qui parle de ce qu'est l'aventure de faire un film. Et là, je me suis pas dit je veux être réalisateur mais plutôt : ah, en fait je suis réalisateur. Après avoir lu ce bouquin, j'ai eu la conviction que c'est ce que je devais faire. C'est un mélange de vocation tardive et de quelque chose qui m'a accompagné au long cours.
Mcb : Qu'est ce qui t'a amené à la réalisation de Donoma ?
Mcb : Qu'est ce qui t'a amené à la réalisation de Donoma ?
DC : j'ai d'abord fais pas mal de court métrage, pas mal de clips et puis j'ai eu la sensation d'être prêt, dans le sens où en tant que réalisateur, il faut apprendre à apprendre à s'exprimer avec des images. Tu prend un alphabet et à un moment donné tu arrives à dire des mots, puis des phrases et dès ce moment là il faut faire directement un long métrage.
Mcb : Tu pourrais nous parler de tes influences cinématographiques ?
DC : Jdirais beaucoup Inarritu, sa façon d'entremêler ces histoires et puis j'adore jim Jarmusch et sa manière de créer de l'intéret dans une scène à partir de pas grand chose. J'aime le cinéma du scénario et le cinéma du dialogue, un cinéma qui peut rendre une conversation entre 2 personnes intéressante.
Mcb : Si tu devais donner un film qui t'as marqué dans ta vie ?
DC : Jte dirais the anniversary party, sorti dans le début des années 2000. Ca raconte l'histoire d'un couple du réveil jusqu'au couché le jour de leur anniversaire de mariage. Et ça c'est un film que je revoie tout les ans, car c'est juste eux avec leurs amis dans leur barraque et t'apprend tout sur eux, sur leur vie. C'est vraiment mon film référence.
Mcb : On dit souvent que c'est le deuxième long métrage le plus difficile, alors sur quoi sera le prochain ?
DC : Le second parlera d'une jeune fille qui est en prison et qui a une semaine de permission et d'un jeune homme qui fait de la musique et qui est en train de devenir sourd. Alors oui c'est le plus difficile, parceque jvais bosser avec une boite de production, et je me sens obligé de le réussir. Je pourrais pas dépenser un million d'euros pour un film et dire ensuite, non il me plaît pas. Ce qui été bien avec Donoma, c'est que si il ne m'avait pas plû je l'aurais jeté à la poubelle et personne m'aurais demandé quoi que ce soit.
Mcb : Tu as prévu de travailler avec la même équipe ou plutôt de changer ?
DC : J'ai beaucoup envie de changer, mais tout dépend si donoma leur met le pied à l'étrier qu'ils méritent en tant que grand comédiens, car ils ont porté le film. Je suis très infidèle avec les comédiens donc ça me ferait énormément plaisir de rencontrer des gens différents. Mais comme je sais que c'est des gens très bon, je n'aurais aucun mal à retravailler avec eux.
Mcb : Alors le film guerilla c'est terminé et c'est une bataille gagné ?
DC : A l'échelle de Donoma, c'est une bataille gagné parcequ'on est partie de rien et on arrive à faire de l'ombre aux gros budgets. Mais c'est pas fini car c'est tellement agréable que je vais forcément y revenir.
Mcb : Et si tu avais un conseil à donner aux jeunes réalisateurs qui n'ont pas un sous ?
DC : Je leur dirai à ceux qui n'ont pas un sous comme à ceux qui sont milliardaires, ton premier film fait le sans argent et sans moyen. C'est une école formatrice et le seul moment où tu sera totalement libre de faire ce que tu veux. Montrons qu'on est pas tributaire du fric. L'art peut faire du fric mais le fric ne peut pas faire de l'art.
Propos récoltés le 11/11/11


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